La déshumanisation

Blog de marseillephilosophie :Marseille philosophie, La déshumanisation

« A mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s'est déshumanisé.

L'homme se sent isolé dans le cosmos, car il n'est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente, avec ses phénomènes. Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques.

Le tonnerre n'est plus la voix irritée d'un dieu, ni l'éclair de son projectile vengeur. La rivière n'abrite plus d'esprits, l'arbre n'est plus le principe de vie d'un homme, et les cavernes ne sont pas habitées par des démons. Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l'homme et l'homme ne s'adresse plus à eux en croyant qu'ils peuvent l'entendre. Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l'énergie affective profonde qu'engendraient ses relations symboliques. »

C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 95.

mardi 24 janvier 2012 20:31


Ceci n'est pas une pipe, Magritte

Blog de marseillephilosophie :Marseille philosophie, Ceci n'est pas une pipe, Magritte

Un célèbre tableau de René Magritte représente une pipe. Ce tableau serait banal, si l’artiste n’avait pas ajouté de sa main cette surprenante légende « Ceci n’est pas une pipe ». Le peintre a récidivé avec une pomme, accompagnée d’une légende similaire : « Ceci n’est pas une pomme ». Ces deux tableaux s’inscrivent dans La trahison des images qui comporte également la toile Les deux mystères où un tableau réunit la représentation de la fameuse pipe et celle du tableau qui représente la pipe.

L’artiste, conscient des limites de l’activité artistique, n’a pas la prétention d’être un créateur d’objets et il affirme, haut et fort, qu’il ne peut que délivrer une vision subjective d’un objet. Il a reproduit la forme et la couleur d’une pipe. Il sait que quiconque verra son tableau percevra ses propres sensations, déclenchées par l’évocation d’un objet familier : la pipe.

Les ouvrages, peints avec le talent de Magritte, sont des modèles. Un modèle est une représentation conventionnelle d’un objet. Un modèle privilégie certains aspects de l’objet, sous une forme codifiée et transmissible à ceux qui en possèdent le code. Mais un modèle néglige beaucoup d’autres caractéristiques de l’objet, jugées mineures par l’auteur ou impossibles à représenter par les techniques choisies, telle l’inimitable odeur des cendres froides, dans le cas de la pipe.

Les physiciens représentent la réalité sous forme de lois mathématiques qui les aident à interpréter et à prévoir les comportements des objets. Lorsque la réalité est complexe, le modèle est fruste ; il sacrifie la diversité et les particularités pour maintenir son aptitude à être maîtrisé.

L’allégorie de la caverne de Platon montre le philosophe, tournant le dos à l’ouverture de la caverne, observe les ombres portées sur le fond de la paroi, par les mouvements qui agitent le monde extérieur. Il ne perçoit qu’une image de la réalité, de cette réalité qui nous demeurera inaccessible, aussi longtemps que nous n’aurons pas quitté la caverne. Malgré ces avertissements, nous vivons dans une civilisation où le modèle prend, peu à peu, le pas sur l’objet. Si nous n’y prenons garde, nous allons nous enfermer dans un monde où le modèle tiendrait lieu de réalité.

A partir de : ftp://ftp2.adeli.org/adeli/lalettre/l24p22.pdf

mardi 24 janvier 2012 20:30


Le fondateur de la biologie moderne

Blog de marseillephilosophie :Marseille philosophie, Le fondateur de la biologie moderne

Excellent site on ne peut plus complet avec les textes complets mis en ligne

http://www.lamarck.cnrs.fr/ 

 

mardi 24 janvier 2012 20:29


Merda d'artista

Blog de marseillephilosophie :Marseille philosophie, Merda d'artista

Piero Manzoni, artiste pionnier de l'Arte Povera et de l'Art conceptuel. Il est mort en pleine force de l'âge: 30 ans. Son père, industriel d'une fabrique de viandes en conserves du nom de « Manzotini », le traite d'artiste de merde lors d'une dispute. Piqué au vif par les propos de son paternel, Manzoni le prend au mot et défèque dans 90 boîtes de conserves sous le titre de Merda d'artista - Merde d'artiste - Artist's Shit.

Ainsi, Merde d'artiste en boîte de conserve devient l'oeuvre la plus connue de Manzoni. Elle rentre dans l'histoire de l'art du XXe siècle et suscite encore des réactions et réflexions multiples qui font preuve de l'extrême finesse de la pensée humaine: de la dénonciation d'une société de consommation en passant par la référence à la conservation muséale et au conservatisme de l'art jusqu'à l'affirmation du nihilisme où la finitude de la condition humaine et la vanité se substituent


 

mardi 24 janvier 2012 20:29


Yves Klein, Monochrome Bleu (1960)

Blog de marseillephilosophie :Marseille philosophie, Yves Klein, Monochrome Bleu (1960)

Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs, elles, en ont. Ce sont des espaces pré-psychologiques (…). Toutes les couleurs amènent des associations d'idées concrètes (…) tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a après tout de plus abstrait dans la nature tangible et visible".

Comme en écho, le Manifeste de l’hôtel Chelsea (1961, texte donné en référence), reprend et éclaire cette citation : "L’artiste futur ne serait-il pas celui qui (…) exprimerait une immense peinture à laquelle manquerait toute notion de dimension", "Le passé psychologique (est) l’anti-espace, que j’ai abandonné derrière moi au cours des aventures vécues depuis quinze ans".

Entre 1955 et 1962, Klein a réalisé quelque 194 monochromes, d’une variété de supports, de formats, de textures, mais qu’il réduit à la couleur bleue à partir de 1957. IKB 3 fait partie d’une série, peinte entre 1960 et 1961, de quinze de ces monochromes dont la spécificité réside dans leurs dimensions symboliques de 2m x 1m50, "à peine plus hautes que la moyenne des spectateurs et d'une largeur inférieure à l'envergure des bras". Conçus à la mesure du corps humain, ces monochromes, tout comme les anthropométries, signifient chez Klein le lien intime qui unit la peinture au corps et à la chair.

Le bleu d'IKB 3 a pour autre particularité d’atteindre, par son degré de pulvérulence pigmentaire, à des phosphorescences violacées qui lui procurent une profondeur mystérieuse, matérialisant la "couleur de l'espace-même".

 

Dossier à lire

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-yves_klein/ENS-Yves_Klein.htm

mardi 24 janvier 2012 20:28


|

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à marseillephilosophie

Vous devez être connecté pour ajouter marseillephilosophie à vos amis

 
Créer un blog