Et pour se détendre à J-30

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jeudi 17 mai 2012 07:21


Machiavel, Le Prince (1469-1527)

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Machiavel est né à Florence en 1469. Il reçoit une éducation humaniste (Antiquité grecque et surtout romaine). Il fait des études de droit.

L'époque est politiquement très troublée. L'Italie est riche mais divisée en petits états très instables, la proie facile des invasions étrangères.
De 1494 à 1527, ce sont les guerres d'Italie : l'Italie ne cesse d'être envahie et pillée (par les Français, les Espagnols, les Allemands, les Suisses ...)
Machiavel rêve d'une Italie unifiée dans laquelle la paix et la stabilité seraient garanties par un état fort. C'est ce qui le déterminera à écrire Le Prince.

De 1498 à 1511, il exerce les fonctions de secrétaire de chancellerie à Florence et se voit confier des missions politiques importantes et délicates dont il s'acquitte avec efficacité et fidélité.
En 1512, la chute de la république de Florence le fait tomber en disgrâce.
C'est pendant cet exil sur ses terres qu'il écrit ses grandes oeuvres politiques.

En 1526, il reprend des fonctions officielles.
Il meurt en 1527 sans avoir vu la réalisation de ses rêves politiques pour l'Italie.


Thèmes majeurs

La politique et l'histoire

Sans avoir jamais développé une philosophie de l'histoire, Machiavel se réfère continuellement à l'histoire comme source d'enseignement.


La politique et la religion

Dissociant politique et religion, Machiavel est le premier penseur de l'État laïque. Il ne voit pas dans la religion le fondement du pouvoir, mais tout au plus un instrument du pouvoir : il peut être utile de se servir de la religion pour gouverner, mais l'État n'a pas à rendre des compte à l'Église.


Selon Machiavel, le pouvoir ne vient ni de Dieu (contre les théories du Droit divin), ni d'une convention (contre les théories du contrat social) mais de la force.


Il faut, dit-il "s'en tenir à la vérité de la chose". Machiavel est avant tout un réaliste. La guerre est l'essence du politique.


La politique et la morale

"La fin justifie les moyens". Bien que Machiavel n'ait jamais écrit cette phrase qu'on lui attribue, elle résume bien sa position sur le sujet. Pour lui, le but de la politique, pour Machiavel, n'est pas la morale mais la réussite (obtenir et conserver le pouvoir).
Le prince n'a pas à être juste. Il suffit qu'il le paraisse. La politique est un art de la dissimulation au nom de l'efficacité.

Cependant, le pouvoir de l'État n'est jamais l'exercice de la force pure : la finalité de la politique est d'instaurer "de bonnes lois" pour le bien du peuple. Mais il n'y a pas de bonnes lois là où il n'y a pas de bonnes armes. Le prince n'est pas à proprement parler immoral. Il est amoral en ce sens qu'il est au-dessus de la morale ordinaire. L'efficacité est la morale du prince, car seul un pouvoir fort peut assurer la paix et donc garantir la moralité du peuple.


Nécessité, fortune et vertu (virtu)

Il y a place pour la liberté humaine dans l'histoire. L'avenir d'un état dépend de trois facteurs :

1. La nécessité : c'est l'ordre du monde et la nature humaine qui font qu'on peut s'attendre à ce que les choses se déroulent selon certaines attentes.
2. La fortune : c'est le hasard (la chance) dû à la complexité des événements qui les rend imprévisibles. C'est le caractère incontrôlable des circonstances (en partie l'effet de la nécessité).
3. La "virtu" : c'est la force (de "vir" virilité) de celui qui est capable d'imposer sa loi envers et contre les circonstances (c'est-à-dire envers et contre la fortune). C'est donc l'exercice de la liberté qui infléchit le cours des événements.


Le Prince

Le problème soulevé par Le Prince est : Quel est le fondement du pouvoir, c'est-à-dire comment prendre le pouvoir et le garder ?

Le titre original de l'ouvrage est en latin : De Principatibus ("Des Monarchies").
La notion de "prince" peut désigner :

1. celui qui détient seul l'autorité politique;
2. le souverain, c'est-à-dire l'autorité politique, qu'elle soit détenue par un individu ou un groupe

Pour Machiavel, c'est le premier sens qu'il faut retenir.

Dans Le Prince, Machiavel analyse les conditions de possibilité de la conquête et de la conservation du pouvoir personnel : à quelles conditions un pouvoir est-il bon, c'est-à-dire pour Machiavel, fort ? Pour Machiavel, le vice par excellence en politique, c'est la faiblesse.

On a vu dans Machiavel le théoricien du pouvoir personnel cynique, mais il est aussi le théoricien de la liberté populaire. En défendant l'idée d'une armée de citoyens et non de mercenaires, il intègre au moyen (la force) la fin bonne (le bien du peuple).

Si le prince peut être amoral (non pas immoral, mais au-dessus de la morale) quand les circonstances l'exigent, c'est pour pouvoir garantir la paix sans laquelle aucune moralité n'est possible.

Le Prince est la première grande étude de science politique portant sur l'état moderne.

jeudi 17 mai 2012 07:18


Après les convocations, pour vous détendre un peu (A ne pas reproduire)

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jeudi 17 mai 2012 07:17


Rousseau, Du Contrat Social

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Du contrat social (1762), Livre I, extraits et commentaires sur les chapitres 1 à 9

  • Au début du texte, Rousseau ne se présente pas comme un homme politique : il se présente comme étant né dans un « État libre » et c'est en tant que citoyen qu'il parle de politique.
  • Chapitre 1 : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. »
    • Rousseau évoque la domination sociale : les hommes sont dominés par d'autres hommes. L'homme est né libre, mais il est esclave de ses impulsions, de ses passions, etc.
    • « Comment ce changement s'est-il fait ? » : depuis longtemps, l'homme a connu diverses formes de domination. Selon Rousseau, l'homme est forcé de vivre en société : « l'ordre social est un droit sacré, qui sert de base à tous les autres. ».
  • Chapitre 2 : « Des premières sociétés »
    • « La famille est [...] le premier modèle des sociétés politiques [...]. ». On ne peut pas fonder l'ordre politique sur l'esclavage : « Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu'au désir de s'en sortir [...]. ».
  • Chapitre 3 : « Du droit du plus fort »
    • Peut-il y avoir un droit du plus fort ? Celui qui renverse le plus fort détruit le droit ; la force ne peut pas fonder le droit.
    • « Toute puissance vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. » : référence à St Paul —> pouvoir de droit divin.
    • Quelles sont les puissances légitimes ? Les citoyens.
  • Chapitre 4 : « De l'esclavage »
    • L'esclavage est un rapport de force.
    • Le droit de la guerre n'est pas naturel : les hommes ne se font pas naturellement la guerre : « C'est le rapport des choses et non des hommes qui constitue la guerre [...]. ».
    • La guerre n'apparaît que lorsque des États sont formés : « La guerre n'est donc point une relation d'homme à homme, mais une relation d'État à État [...]. ». Selon Rousseau, les guerres ne détruisent pas les biens privés : « Même en pleine guerre un prince juste [...] respecte la personne et les biens des particuliers [...]. ».
  • Chapitre 5 : « Qu'il faut toujours remonter à une première convention »
  • Chapitre 6 : « Du pacte social »
    • Rousseau fait l'hypothèse suivante : les hommes sont dans une situation de conflit et, pour survivre, sont forcés de s'associer.
    • Pour vivre en société, il faut trouver une forme d'association où chacun est protégé par la société mais il faut également que l'individu se sente aussi libre qu'avant son entrée dans la société.
    • Le contrat social Libre engagement par lequel
      l'homme renonce à sa liberté absolue
      pour se soumettre aux règles instituées
      par la communauté.
      L'homme y trouve en échange
      une force commune
      qui défendra ses droits.
      est un double contrat :
      • chacun s'engage à faire partie de la société (aliénation volontaire ; engagement envers soi-même) ;
      • chacun s'engage envers le tout formé par l'ensemble des associés (volonté générale) et chacun se place sous l'autorité de cette même volonté générale.
    • Le Peuple est l'unité des individus associés par le pacte social. La volonté générale est la volonté du peuple.
    • Ce que le pacte social fonde, c'est la République ou l'État : « [...] cet acte d'association [prend maintenant le nom] de République ou de corps politique, lequel est appelé par ses membres État quand il est passif, Souverain quand il est actif, Puissance en le comparant à ses semblables. » C'est le peuple qui est souverain ; le sujet (citoyen passif) se soumet aux lois qu'il a lui-même voulues.
  • Chapitre 7 : « Du souverain »
    • Le souverain est la source première du pouvoir. Un peuple ne peut s'aliéner lui-même. Il est à l'origine des lois et il peut les changer. En résumé, les citoyens sont l'État.
    • L'individu est à la fois l'homme et le citoyen : il a des intérêts privés et des intérêts publics (société).
  • Chapitre 8 : « De l'état civil »
    • « Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre ; ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de tout ce qu'il possède. »
    • Ce sont les autres qui nous rendent propriétaires.
  • Chapitre 9 : « Du domaine réel »
    • L'État garantit la propriété ; il en est le maître juridique. C'est la communauté qui assure au propriétaire sa propriété : « Car l'État à l'égard de ses membres est maître de tous leurs biens par le contrat social [...]. »
    • « [...] au lieu de détruire l'égalité naturelle hommes à l'état
      de nature
      , le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d'inégalité physique entre les hommes, et que, pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit. »

De : http://www.etudes-litteraires.com/rousseau-contrat-social.php

jeudi 17 mai 2012 07:17


Hobbes, le Léviathan

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 Quiconque observe comment il pense, opine, raisonne, etc., lira et connaîtra par là même les pensées et les passions des autres hommes en des occasions semblables. Cependant, cette similitude des pensées et des passions individuelles n'apparaît pas dans l'état de nature, qui est le règne de la dissimulation, du mensonge, de la feinte et de la lutte; on ne peut l'observer que dans l'état civil, où «celui qui doit gouverner toute une nation ne doit pas lire en lui-même tel ou tel individu mais l'humanité».  

Le désir de puissance
L'état de nature est affecté d'une contradiction qui rend son développement nécessaire. Le point de départ en est le conatus d'autoconservation, dont la spécificité humaine est qu'il n'est pas orienté vers la satisfaction du besoin ou la transformation de la nature par le travail, mais vers le désir de l'autre. En fait, le désir humain ne se satisfait pas dans la simple reproduction du mouvement vital, il est désir infini de puissance. Ainsi, il y a une «inclination générale» de toute l'humanité, un désir perpétuel et sans trêve d'acquérir de plus en plus de pouvoir, désir qui ne cesse qu'à la mort. Or il ne s'agit pas ici d'une simple accumulation d'objets, parce que, d'une part, le désir de puissance résulte de la relation à autrui et que, d'autre part, le pouvoir sur autrui est le plus grand des pouvoirs.  

La «vraie valeur» de l'homme
Dans sa relation à l'autre, chaque Moi individuel tend à s'accorder à lui-même la plus haute valeur possible et à se soumettre l'autre de gré ou de force. L'analyse de la notion de valeur fournit la clé de la contradiction propre au désir de puissance dans le processus de la reconnaissance. En effet, ce que Hobbes appelle la «vraie valeur» d'un homme ne correspond ni à l'importance que cet homme s'accorde à lui-même, ni à un absolu: elle se réduit, comme toute chose, à son prix, «c'est-à-dire ce qu'on donnerait pour disposer de son pouvoir». Pour Hobbes, il ne s'agit pas seulement de réduire la valeur de l'homme au prix de la chose, mais de montrer que sa valeur réelle n'est pas celle que le Moi s'accorde dans son affirmation de soi: elle dépend entièrement du besoin et de l'opinion de l'autre. On comprend, dès lors, la nécessité pour chaque individu d'accroître sa puissance, et la contradiction dans laquelle est enfermé le désir de puissance. En fait, l'affirmation du Moi est constamment soumise au regard d'autrui: plus un homme étend sa puissance sur les autres, plus il devient dépendant d'eux; et plus sa puissance s'accroît, plus elle devient fragile. Ainsi, la crainte s'universalise et nul ne peut sortir vainqueur du conflit. Le désir de puissance, qui a pour but la conservation et l'affirmation du Moi, met en danger celui-ci et conduit, à chaque instant, à une lutte à mort. Par conséquent, quiconque soutient qu'il faut rester dans l'état de nature, où toutes choses sont permises à tous, se contredit lui-même.  

De l'état de nature à l'état civil
L'opposition entre l'état de nature et l'état civil n'est donc pas une opposition simple de la nature et de l'artifice. En effet, le premier comporte déjà l'artifice du langage verbal, source de tous les autres artifices, en particulier de l'Etat. C'est la parole qui permet de prendre conscience de la contradiction du désir de puissance et d'en sortir par l'acte verbal du contrat. Il est légitime que les hommes obéissent à l'Etat, à condition que celui-ci garantisse l'ordre en exerçant une autorité et non une domination.  

Nature et fonction de l'Etat
L'Etat est une «personne artificielle» dont la nature est la représentation de l'ordre civil, et la fonction la protection des citoyens. La réflexion entreprise par Hobbes dans le Léviathan porte sur l'essence du pouvoir d'Etat, et non sur une forme de gouvernement: le Léviathan présente une théorie du pouvoir sous sa forme pure. A l'état de nature, l'homme est dénué de toute bonté, comme les animaux livrés à la «loi de la jungle». Il y règne la puissance anarchique de la multitude (potentia, en latin): «Là où il n'est pas de pouvoir commun, il n'est pas de loi, là où il n'est pas de loi, il n'est pas d'injustice.»  
 La philosophie politique de Hobbes expose comment cette multitude (potentia) se convertit en un pouvoir (potestas) en remplissant ainsi les exigences d'une idéologie sécuritaire. De ce processus naît plus qu'un consensus ou une concorde: une unité réelle de tous en une seule et même personne, que l'on appelle «république» (civitas). La multitude se transforme alors en peuple. Dès lors, Hobbes peut légitimement récuser tout droit de révolte, car «celui qui se plaint d'un tort commis par le souverain se plaint de ce dont il est lui-même l'auteur». Prolongement logique de la théorie du contrat, la théorie de la souveraineté affirme que c'est bel et bien un pacte social qui institue le monarque, ce qui signifie l'abandon de toute théorie du droit divin.  

Autorité civile et religion
L'histoire profane ne s'explique pas par l'histoire sacrée, mais par le pouvoir du souverain, les desseins de Dieu n'étant connus que par les livres dont l'autorité dépend du politique. Hobbes refuse toute conception providentialiste de l'histoire en affirmant que ce n'est pas Dieu qui gouverne les actions des hommes pour les porter vers l'avènement d'un monde nouveau à la fin de l'histoire. Ainsi, la guerre ne peut être pensée comme un moment d'un dessein universel de Dieu. Certes, une interprétation correcte de l'Ecriture peut mettre en évidence le destin historique du royaume de Dieu, mais il s'agit là de foi et non de raison.  

Le Léviathan
Le seul don divin qui puisse être affirmé par la théologie, c'est la capacité de l'homme d'utiliser des artifices qui font de lui un être unique; grâce à ce don, il est le seul être qui puisse construire et non pas recevoir cet autre être qui le sauvera: le Léviathan.  

La Bible, selon Hobbes, ne contient pas les paroles de Dieu: c'est une parole sur Dieu. Dans la tradition de l'exégèse et des théories de l'interprétation de l'Ecriture, Hobbes fait figure d'extrémiste, car, pour lui, l'Ecriture ne tire pas son autorité d'elle-même et, pour être fiable, elle a besoin d'une autorité externe: «Si les chrétiens ne tiennent pas leur souverain pour le prophète de Dieu, ils s'exposent à prendre leurs songes pour une prophétie, ou à obéir à des étrangers, ou à un autre sujet.» Il faut donc s'en remettre au pouvoir du souverain.  

Hobbes dénonce donc le recours à la seule Ecriture et le magistère de l'Eglise: de même qu'il attribue au souverain le droit exclusif de déterminer le canon et d'interpréter la Bible, le philosophe accorde à la seule autorité civile le pouvoir de traduire le véritable sens des lois naturelles.

De : http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_MOD_054

jeudi 17 mai 2012 07:16


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